Nouveau projet de recherche: Le savoir du tambour, le parler des gestes—
La musique et danse guadeloupéenne en France métropolitaine

Je serai en France métropolitaine tout l’été pour y commencer un nouveau projet de recherche sur le gwoka an déwò, c’est à dire hors de la Guadeloupe. Voici une description plus détaillé du projet.

Que peut-on apprendre de la post-colonialité antillaise au travers la pratique de la musique et de la danse gwoka à Paris? Ce nouveau projet cherche à répondre à cette question grâce à une enquête de terrain auprès des associations qui offrent des cours de gwoka en région parisienne. A travers ma participation active à des ateliers de danse et musique; des entretiens avec d’autres participants, membres d’associations et artistes; des observations de répétitions et de spectacles offerts par des artistes d’origine guadeloupéenne; et tout simplement en passant du temps à discuter avec tout le monde qui gravite dans ce milieu, je vais tenter de répondre aux questions suivantes. Comment les sons et la gestuelle du gwoka sont-ils traduits lors du leur migration de la Caraïbe vers l’Europe? En quoi est-ce que la pratique du gwoka aide les expatriés guadeloupéens à négocier leur position vis-à-vis de la Guadeloupe et de la nation Française? Quels rôles la musique et la danse jouent-elles dans la construction d’une citoyenneté culturelle post-coloniale? En quoi est-ce que la musique et la danse contribuent à l’émergence d’une conscience antillaise — aussi contestée soit-elle — lorsque guadeloupéens et martiniquais se retrouvent ensemble dans la capitale française? Plus généralement, une prise de conscience raciale voit-elle le jour quand des guadeloupéens, des martiniquais, des français métropolitains et des immigrés venus des anciennes colonies françaises se retrouvent pour danser et jouer de la musique ensemble?

A un deuxième niveau, cette étude prend comme point de départ le travail d’Edouard Glissant qui, dans Le Discours antillais, présente la musique et la danse comme deux modes d’expression privilégiés de ce qu’il appelle un « non-savoir » ou une « contre-poétique », c’est à dire un savoir qui échappe aux taxonomies occidentales et en dérange les prétentions universalistes. Nous cherchons donc ici à appréhender ce non-savoir et la poétique fluide des positionnements post-coloniaux. Dans ce sens, je cherche une confirmation empirique des remarques théoriques de Glissant. En quoi la musique et la danse permettent-elles la construction et l’interprétation (au sens artistique aussi bien que linguistique) de modes de savoir ou connaissances ainsi que des modes d’être-au-monde post-coloniaux? En d’autres termes, quelles sont les connaissances portées par le corps post-colonial transplanté? Comment accède-t-on à ces connaissances ? Si ces connaissances résistent aux représentations linguistiques, comment sont-elles exprimées et partagées?

Les personnes intéressées par cette recherche peuvent me contacter via ce site, sur Twitter, au sur mon numéro de portable de Guadeloupe, si vous l’avez.

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